Edmé Bouchardon au musée du Louvre

Que faut-il attendre de l’exposition actuelle du musée du Louvre ?

L’exposition temporaire en question est celle d’ « Edmé Bouchardon, une idée du beau ». Le musée du Louvre et J. Paul Getty Museum de Los Angeles rendent hommage au brillant sculpteur et virtuose de la sanguine. Il s’agit de la première retrospective consacrée à l’artiste, né en 1698 et décédé en 1762.

A plus d’un titre, je pense que l’exposition est vraiment réussie. Très riche, cette dernière présente environ 270 œuvres.

Elle permet de voir (presque) l’ensemble des sculptures réalisées par l’artiste (40 sculptures sont exposées sur les 50 réalisées) et le fond de Bouchardon conservé par le musée du Louvre. On y découvre de magnifiques sanguines mais aussi les somptueuses copies d’antiques réalisées par un artiste excellant autant dans l’art du dessin que de la sculpture.

Fils d’un architecte, Edmé Bouchardon est formé à l’Académie royale, il arrive à Rome en 1722 où il est de bon ton d’étudier l’art antique. Une fois arrivé dans la capitale italienne, il y copie les sculptures antiques (le très fameux Laocoon ou encore L’apollon du Belvédère ainsi que des peintures des grands maîtres tels que Raphaël.

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Edmé BOUCHARDON (1698-1762), Un des enfants de Laocoon enlacé par le serpent, sanguine, c. 1723-1724, Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Martine Beck-Coppola

 

Les œuvres de cette époque sont frappantes; elles semblent être le fruit d’un travail mature. Il copie le Faune endormi de la collection Barberini grâce à son seul talent d’observateur. En effet, il déroge à la règle selon laquelle les sculptures antiques, pour être copiées par les apprentis, sont d’abord moulées. Bouchardon a choisi le Le Faune Barberini qui était trop fragile pour être moulé; Bouchardon réalise donc sa copie de l’antique sans moulage, ce qui est une véritable prouesse.

Il entre à l’Académie royale en 1735 pour devenir sculpteur du roi. Il participe dès 1737 au Salon.

Excellant dans la représentation équestre si précise, on admire tant ses sculptures que ses dessins absolument somptueux. D’ailleurs, on a parfois la sensation de trouver dans ses sculptures ses dessins et dans ses dessins ses sculptures: les deux sont très proches. En effet, les sanguines équestres sont des études préparatoires (pas moins de 151 dessins sont conservés au Louvre) avec des détails criant de réalisme et de réalité. Il étudie également le cavalier afin de représenter le roi le mieux possible.

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Edmé BOUCHARDON (1698-1762), Deux études partielles d’une tête de cheval bridé, Vers 1748/1753, sanguine. Etude pour la statue équestre de Louis XV,  Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtad

On peut y trouver sa célèbre sculpture de L’Amour se faisant un arc dans la massue d’Hercule. Cette œuvre est le fruit d’une longue réflexion qui débute en 1739. Rejetée au début, l’œuvre est pourtant une des plus célèbres du sculpteur. Pour réaliser une œuvre la plus réaliste possible, il fait poser un modèle dans son atelier. Edmé Bouchardon choisit de représenter l’instant ou Cupidon (L’Amour) met à l’épreuve l’élasticité de l’arc qu’il est en train de fabriquer.

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Edme BOUCHARDON (Chaumont-en-Bassigny, 1698 – Paris, 1762), L’Amour se faisant un arc de la massue d’Hercule, 1750, Marbre, H. : 1,73 m. ; L. : 0,75 m. ; Pr. : 0,75 m. © Hervé Lewandowski

Dans l’exposition, la sculpture de Bouchardon fait face à la réduction de L’Amour se faisant un arc dans la massue d’Hercule en marbre, conservé aux Etats-Unis, à la National Gallery de Washington.

Cette exposition fut également l’occasion pour le musée de restaurer deux sculptures (Le Christ tenant sa Croix et la Vierge, qui sont deux sculptures de l’église parisienne Saint Sulpice).

Je recommande vivement la visite de cette exposition qui permet de découvrir cet artiste en mettant réellement en valeur son travail d’une façon qui m’a beaucoup touché.

L’exposition prend fin le 5 décembre 2016. Elle traversera l’Atlantique et sera visible au Getty Museum de Los Angeles  du 10 janvier 2017 au 4 avril 2017.

Je remercie le musée du Louvre de m’avoir invité.

Gwenola Bovis

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