Droit et art #4: scandale à Drouot

 

Le scandale éclate il y a six années et c’est lundi 14 mars 2016 que le procès des « Cols rouges » s’ouvre au Tribunal correctionnel de Paris. Les infractions commises par ces derniers ? Association de malfaiteurs, vols ou complicité de vols en bande organisée, recel, voire blanchiment tout cela au sein même du prestigieux Hôtel des ventes aux enchères parisien : Drouot. Ces infractions auraient été commises durant les années 2000.

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Qui sont les « cols rouges » ? Les 110 cols rouges étaient les manutentionnaires du célèbre Hôtel des ventes (crée le 1er juin 1852). Les manutentionnaires sont chargés du transport, de la manutention et de la mise en place des objets, ils sont plus que nécessaires aux ventes aux enchères et travaillent en collaboration avec les commissaires-priseurs. Ils seraient pratiquement tous impliqués dans cette affaire de trafic d’oeuvres d’art. Surnommés les « Savoyards », les cols rouges étaient les manutentionnaires uniques de Drouot depuis que Napoléon III annexa la Savoie en 1860. Limités à 110, il faut être coopté et payer la charge de son prédécesseur pour pouvoir en faire partie.  44 sont entendus (d’après Connaissance des arts) lors de ce procès.

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Le fruit de leur agissement ? La police a retrouvé deux cent soixante-quinze tonnes d’objets volés : 6000 objets. Les cols rouges ont commencé par voler des objets sans grande valeur puis s’attaquent à des objets plus importants : tableau de maître, lingots d’or, lithographies de Chagall, bouteilles de grand cru.

Comment ce trafic s’est mis en place ? Les cols rouges agissaient pendant les inventaires de personnes sans héritiers ou durant les ventes aux enchères, retour sur la procédure de l’ affaire :

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Le 16 février 2009, une source anonyme dénonce à l’ Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, le vol d’un tableau de Gustave Courbet par un manutentionnaire. Placé sous surveillance, la police découvre un trafic d’une ampleur importante : le vol est commis tous les jours à Drouot.

Le 1er décembre 2009 huit cols rouges sont arrêtés.  En février 2010, le monopole des manutentionnaires réunis sous la société UCHV est supprimé. Une autre société remplace l’ UCHV à Drouot dès septembre 2010 après que la société UCHV ait été mise en examen en tant que personne morale en juillet 2010.

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Selon certaines sources (Le Monde), des commissaires-priseurs révèlent qu’à l’époque, il faut leur donner un pourboire à la fin des ventes, ou alors rentrer dans leur combine comme certains commissaires-priseurs l’ont fait. Par conséquent, plusieurs commissaires-priseurs seront également entendus lors de cette affaire.

Affaire à suivre sur le blog.

©: Les echos, France Info, Le point

Gwenola Bovis

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