Le nu & le Second Empire

5aec353944603b3f274e70a479e9fd80Quand Courbet peint L’origine du monde en 1866, il brise tous les codes du nu de l’époque. Ce genre, très codifié, se doit d’être idéaliste : le corps est lisse, pâle, parfois inspiré de l’antiquité grecque, mais surtout imberbe. Dans L‘origine du monde, le modèle est rogné, la chair est dense et le sexe poilu: c’est une oeuvre réaliste. Cette peinture surprenante est le fruit d’une commande passée par Khalil-Bey, diplomate Turco-Egyptien. A l’abris des regards jusqu’en 1995, elle est désormais exposée au musée d’Orsay à Paris.

1866,Courbet F au perroquet
G. Courbet, La Femme au perroquet, 1866

Il suffit de la comparer avec La femme au perroquet, une autre réalisation magnifique de Courbet. Peinte la même année, l’artiste se soumet aux règles du genre. Toutefois, ce n’est pas la première fois que Courbet transgresse les règles du nu. En 1862, il réalise Femme nue et couchée sur un fond rouge, où encore une fois, l’oeuvre se veut réaliste: on peut apercevoir des poils.

courbet
G. Courbet, Femme nue et couchée sur un fond rouge, 1862

Cette peinture est aussi choquante que L’Olympia, réalisée par Edouard Manet. Les spectateurs du Salon, sont abasourdis par le fait L’Olympia soutienne notre regard et celui des spectateurs du Salon où elle est exposé en 1865. Edouard Manet peint une courtisane sur son lieu de travail. Le thème de la courtisane est à la mode, on l’a vu avec La japonaise au bain.

olympia Manet
E. Manet, L’Olympia, 1865

L’exemple typique du nu, qui se plie aux conventions picturales de l’époque, et respectueux de la technique académique est La naissance de Vénus réalisée par Alexandre Cabanel en 1863.

Au salon de la même année, Vénus est le prétexte choisi par trois peintres différents pour représenter le nu. La Vénus d’ Alexandre Cabanel choque moins que L’ Olympia malgré le fait que cette dernière cache son intimité avec sa main alors que la Vénus ne se donne pourtant pas ce mal.

Pourquoi La naissance de Vénus ne choque pas autant ? Le thème mythologique met à l’abris son auteur : il ne présente pas ouvertement une prostitué contrairement à Edouard Manet. Enfin la Vénus ne nous regarde pas.

Cabanel, la naissance de V OK
A. Cabanel, La Naissance de Vénus, 1863

Cependant, cette peinture mérite d’être regardée de plus près. On a reproché à Alexandre Cabanel l’érotisme, à peine dissimulé, de son œuvre envoutante : les putti -angelots- ont des poses suggestives et sont détournés: ils semblent sur le point de toucher la Vénus.

C’est au final une courtisane de luxe représentée ici, qui est dissimulée derrière la figure mythologique. Elle représente pour certains l’image de la dérive du régime impérial.

photos : wikipédia, éternels éclairs, panorama de l’art & RMN

C’est un coup de cœur!

Gwenola

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